COLLOQUE DE LA PLATE-FORME EUROPEENNE DE SOLIDARITE AVEC L’IRAK

Bruxelles, les 25 et 26 septembre 2002

 

 

RESOLUTIONS FINALES - FINAL RESOLUTIONS

 

Les délégués de douze pays Européens, représentant les Associations de Paix, de Solidarité et de Coopération avec l’Irak, se sont réunis à Bruxelles, ces 25 et 26 septembre 2002 et ont adopté la résolution suivante :

 

  1. En toute priorité, les délégués estiment qu’il faut mettre fin, immédiatement, aux souffrances subies par la population irakienne, en raison de l’embargo imposé depuis douze ans et qui a eu pour effet, de détruire les infrastructures, de santé, d’éducation, de culture et de l’économie, d’une nation qui fut l’un des berceaux de la civilisation.

 

Ils estiment intolérable, que viennent, aujourd’hui, s’ajouter à ces souffrances, l’angoisse de la menace d’une nouvelle guerre, dont l’on sait que la population civile sera la principale victime.

 

Cela est particulièrement vrai pour toute une génération de jeunes sacrifiés depuis douze ans et qui, si on ne met pas un terme à cette situation odieuse, ira irrémédiablement grossir les rangs de l’intégrisme et de l’extrémisme.

 

  1. Ils soulignent que rien ne justifie aujourd’hui, l’imminence d’une intervention militaire en Irak, car les rapport existants, y compris celui du gouvernement Britannique, concluent que l’Irak ne constitue pas, militairement, un danger pour la communauté internationale.

 

De plus, aucune preuve n’a été apportée de sa participation ou de son soutien à des actes ou organisations terroristes telle qu’Al Qaeda.

 

  1. Une intervention militaire se justifie d’autant moins, que les autorités irakiennes ont accepté, sans condition et sans délai, le retour d’une mission d’inspecteurs de l’ONU.

 

Cette sage décision a eu pour effet, de mettre à jour les véritables objectifs de ceux qui veulent à présent, s’opposer au retour des inspecteurs.

 

Les délégués estiment donc, urgent, l’arrivée des inspecteurs et soutiennent le Secrétaire général de l’O.N.U., dans sa volonté de mettre en œuvre cette résolution du Conseil de Sécurité de l’O.N.U., sachant qu’aucune autre résolution n ‘est nécessaire pour l’exécuter.

 

·        Ils lui demandent de mettre en place, tous les moyens nécessaires pour garantir l’intégrité de cette mission et sa représentativité équilibrée de la Communauté Européenne.

 

·        Ils s’insurgent contre la politique de deux poids deux mesures qui permet à l’Etat d’Israël, de bafouer sans la moindre sanction, la plupart des résolutions de l’O.N.U. dans sa politique d’agression criminelle contre l’Autorité et le peuple palestinien.

 

·        Ils demandent à la France, à la Russie et à la Chine, d’utiliser leur droit de veto au Conseil de Sécurité, pour s’opposer à entraîner l’O.N.U. dans la légitimation d’une nouvelle guerre.

 

  1. Ils interpellent le Parlement Européen afin qu’il permette en discussion, la question irakienne et reconsidère la résolution qu’il a adoptée récemment.

 

Les procédures utilisées pour l’adoption de cette résolution, ainsi que l’inexactitude de certains de ses éléments, jettent le discrédit sur le Parlement Européen.

 

Ils estiment nécessaire et urgent, qu’une délégation de Parlementaires et d’experts, représentatifs de l’Union Européenne, se rende en Irak pour vérifier l’adéquation de la résolution avec la situation réelle sur le terrain.

 

  1. Ils appellent la Ligue Arabe et tous les pays qui la composent, à s’opposer fermement à une nouvelle guerre contre l’Irak qui est un des éléments de la stratégie globale des USA pour s’approprier le contrôle des réserves majeurs de pétrole ; ce qui aurait des effets déstabilisateurs graves pour toute la Communauté internationale et à refuser toute utilisation, à cette fin, de leur territoire.

 

Cela est particulièrement vrai pour ceux de ces pays qui accueillent des bases militaires et, où, comme au Qatar et Djibouti, sont déjà actuellement en cours, de vastes préparatifs militaires.

 

  1. Les délégués estiment indispensable, la mise en place d’une Commission internationale permanente, composée de personnalités de la société civile, chargée d’assurer sur place, le suivi et le contrôle de la mission d’inspection de l’O.N.U. et de veiller ainsi, qu’elle ne puisse être détournée de ses objectifs et utilisée comme prétexte pour justifier une agression militaire ou retarder encore, la levée de l’embargo.

 

Cette commission permanente sera composée de personnalités qui se relaieront sur place jusqu’à la conclusion de la mission des inspecteurs qui alerteront l’opinion publique au cas où cette mission serait détournée de ses objectifs.

 

Un appel est, dès à présent, lancé à toutes celles et ceux qui acceptent de jouer ce rôle.

 

  1. Les délégués attendent une initiative rapide des Ministres des Affaires Etrangères, afin que les pays membres de l’Union Européenne refusent toute participation à une intervention militaire unilatérale, ainsi qu’à l’utilisation à cette fin, de leur territoire ou de leur espace aérien et que soit déclarée contraire au Droit international, toute participation d’un pays de l’Union, à de telles opérations.

 

Ils attendent les mêmes attitudes des pays non-membres de l’Union et particulièrement, de ceux qui sollicitent leur adhésion au sein de celle-ci.

 

Ils demandent à l’Union Européenne de se prononcer clairement contre le concept de « guerre préventive ».

 

  1. Dans le cadre de leur programme d’actions, les délégués décident d’organiser la prochaine Conférence Européenne à Rome, entre le 10 et le 15 novembre 2002.

 

Ils se sont mis d’accord sur le programme d’action suivant :

 

 

 

Bruxelles, le 26 septembre 2002.

 

Final Resolutions

 

Delegates from twelve European countries, representing the associations of peace, solidarity and co-operation with Iraq, gathered in Brussels on the 25th and 26th of September 2002 and have adopted the following resolutions:

 

1.      As a top priority, they consider that immediately an end must be put to the suffering of the Iraqi people due to the 12 year embargo imposed on them, and which has resulted in the destruction of infrastructure, health, education, culture and economy of a nation that is one of the cradles of civilisation.

 

They think it intolerable that to this suffering the anguish of a new war is added, the main victims of which will be the civil population.

 

This is particularly true for a whole generation of youths, sacrificed since 12 years. If we do not put an end to this grave situation, the range of fundamentalism and extremism will increase.

 

2.      The Delegates have stressed that nothing justifies an imminent military intervention in Iraq. Reports from various sources, including the British Government, recognise that Iraq does not constitute any military danger to the international community.

 

Moreover, there is no proof of Iraq’s participation or support of acts or organisations of terrorism such as Al Qaida.

 

3.      A military intervention is even less justified since the Iraqi government has accepted the unconditional return of the United Nations inspectors.

This wise decision has brought to light the real objectives of those who are presently opposed to the return of the inspectors.

The delegates deem that the arrival of UN inspectors in Iraq is urgent and support the Secretary General of the United Nations in his willingness to implement this resolution of the UN Security Council, in the knowledge that no other resolution is necessary.

 

·        They request the UN Secretary General to use all the means necessary to guarantee the integrity of this mission and its balanced representation of the European Community.

 

·        They oppose to the politics of double standards which allows the state of Israel to ignore, without any form of sanctions, the majority of U.N.-resolutions regarding its criminal  politics of aggression against the Palestinian Authority and people.

 

·        They ask France, Russia and China to use their veto right in the Security Council to oppose any involvement of the United Nations in legitimising a new war.

 

 

4.      The Delegates urge the European Parliament to discuss yet again the Iraqi question and to reconsider the resolution it has recently adopted.

The procedures used for the adoption of this resolution, as well as the inaccuracy of some of its elements, are a discredit to the European Parliament.

They deem it necessary and urgent that a delegation of the European Parliament and experts, representing the European Union, should go to Iraq to verify the correctness of the resolution with the actual situation in the field.

 

5.      The Delegates call upon the Arab League and its member countries to firmly oppose a new war against Iraq, which is one of the major elements in the global strategy of the USA to gain control over the world’s oil supplies, and which would have severe destabilising effects on the world community, and to refuse the use of their territory for this aim.

 

This is particularly true for those countries which host military bases and where, as in Qatar and Djibouti, a vast military built-up is already on its way.

 

6.      The delegates also deem it indispensable to set up a permanent international committee, composed of civil society personalities, charged with the follow-up and the control on the spot of the UN inspection mission, to ensure that it does not deviate from its objectives and be used as a pretext to justify military aggression or to further postpone the lifting of the embargo.

 

This permanent committee will be composed of personalities who will take turns on the spot until the end of the inspection mission and who will alert the public opinion in the event that this mission is diverted from its objectives.

 

An appeal is made upon all those who would accept to play this role.

 

7.      The delegates expect an urgent initiative by the Ministers of Foreign Affairs, demanding that the member states of the European Union refuse any participation in a unilateral military intervention against Iraq as well as the use of their territory or their air space for any military action against Iraq. Any participation of any country of the Union in these operations should be considered as a violation of the International Law.

 

They expect the same attitude of non-member states of the European Union, especially those who want to join the E.U.

 

They demand the European Union to oppose explicitly the concept of “preventive  war”.

 

8.      Within the framework of their action programme, the delegates have decided to organise a following European conference in Rome, between the 10th and 15th November 2002.

 

They have agreed on the following action programme:

 

 

 

Brussels, 26th September 2002.